Carême 2022 : l'edito de Mgr Pansard

Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, j’écris ces mots à l’approche du carême alors qu’une guerre vient d’éclater en Ukraine. Les plus anciens d’entre nous en ont encore la mémoire vivante et bien des habitants de notre département ont dû quitter leur pays en raison de la guerre, fragilisant bien des familles et bien des vies. La guerre, la violence des armes, des injustices, la puissance des forts qui se croient tout permis, mettent à mal la justice, la liberté, la fraternité, la démocratie et entraînent la souffrance des peuples et des plus petits et plus pauvres parmi les peuples.

Comme le rappelle le Pape François dans son message de carême, « Face à l’amère déception de tant de rêves brisés, face à l’inquiétude devant les défis qui nous attendent, face au découragement dû à la pauvreté de nos moyens, la tentation est de se replier sur son propre égoïsme individualiste et de se réfugier dans l’indifférence aux souffrances des autres[1]. ».

Face à cette tentation, il fait retentir l’invitation de l’apôtre Paul aux Galates « ne nous lassons pas de faire le bien, car, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage. Ainsi donc, lorsque nous en avons l’occasion, travaillons au bien de tous. » (Ga 6, 9-10a).

Ne nous lassons pas de regarder et de repartir de Jésus-Christ, et de Jésus-Christ mort et ressuscité. L’injustice, la violence et le péché des hommes qui mettent à mort Jésus et qui sont encore à l’œuvre dans notre monde et nos vies, n’ont pas eu le dernier mot sur sa vie et n’auront pas le dernier mot sur nos vies : Le Christ est ressuscité d’entre les morts. Ce que nous proclamons et célébrons en chaque eucharistie peut nous aider à ne pas perdre courage et soutenir notre espérance et notre action pour, avec le Christ, emboiter le pas de l’engagement de Dieu pour les hommes qu’il aime, non avec les armes de la violence mais les armes d’une vie donnée, d’une vie qui aime.

  • Ne nous lassons pas de prier parce que pour tenir nous avons besoin de Dieu. « la foi ne nous dispense pas des tribulations de la vie, mais elle permet de les traverser unis à Dieu dans le Christ, avec la grande espérance qui ne déçoit pas et dont le gage est l’amour que Dieu a répondu dans mon cœur par l’esprit saint[2]
  • Ne nous lassons pas de nous convertir et de lutter pour éliminer le mal et le péché de notre vie sans faire comme s’ils n’étaient que chez les autres et que nous ne participions pas nous aussi à la violence et l’injustice dans notre cœur, notre regard, nos paroles. Et ne nous lassons pas de demander à Dieu de nous donner par-delà ce qu’il nous a déjà donné, de nous pardonner.
  • Ne nous lassons de faire le bien et de partager au jour le jour de nos vies, auprès de ceux dont le quotidien nous fait proches et aussi en soutenant toute œuvre bonne de solidarité et de développement.

Des événements vont aussi marquer notre route vers Pâques :

  • Une campagne présidentielle où, attentifs aux discours et aux programmes, les citoyens de notre pays auront à choisir les 10 et 24 avril ce qui peut contribuer au mieux au bien de tous.
  • La première session de l’Assemblée synodale le 12 & 13 mars où les 300 membres vont travailler pour contribuer au mieux au bien de tous.
  • La journée de mémoire pour les personnes victimes d’abus dans l’Église, le dimanche 20 mars prochain pour continuer à lutter et prier contre cette violence et contribuer au mieux au bien de tous.

Bon chemin de carême à tous !

+ Mgr Pansard
Évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes


[1][2] Pape François, message de carême 2022

Noël 2021 : l'edito de Mgr Pansard

Nous vivons la fête de la Nativité de Jésus, le Seigneur de nos vies, comme un temps de fête de famille et de fraternité. Fête de famille et de fraternité large entre nous, fête de famille et de fraternité avec Celui qui vient et n’a pas craint de nous appeler ses frères.
Devant l’enfant déposé dans une mangeoire, une crèche, un enfant qui ne sait pas encore parler, nous reconnaissons la Parole véritable de Dieu faite chair, Dieu fait homme : Jésus.
Dieu ne fait pas semblant. Dieu est avec nous dans ce qu’il y a de plus fragile et faible, un enfant porteur de l’infini de Dieu. Par Lui, Dieu vient à nous, non avec souveraineté et puissance, mais avec la vulnérabilité d’un nouveau-né pour gagner nos cœurs et les convertir de l’intérieur.

Dieu ne fait pas semblant. Il prend des risques en Jésus, parole engagée de Dieu contre ce qui fait mal aux hommes. Il se remet aux mains des hommes, celles de Marie et de Joseph comme celles de ceux qui chercheront à se saisir de lui. Il se remet aussi entre nos mains. 
Sur les routes de l’histoire des hommes, semées d’embûches et de crises, de tristesses et d’angoisses mais aussi de joies et d’espoirs, de rêves et de projets, Il se fait notre compagnon.
Sa manière d’être Parole incarnée provoque notre façon d’être humain.

Le paradoxe de Noël est une invitation à un changement de regard, en ce temps de crise qui engendre de la souffrance et de l’inquiétude chez nombre de nos contemporains. Noël invite à vivre un temps de discernement, le choix d’un courage d’être et d’un renouvellement de notre façon de vivre personnellement, en famille, en communauté, en société.

Le paradoxe de Noël peut nous faire entendre l’actualité de la parole du prophète Michée en ce temps qui est le nôtre: « On t’a fait savoir, ô homme, ce qui est bon et ce que le Seigneur réclame de toi ; rien d’autre que de pratiquer la justice, aimer avec tendresse et marcher humblement avec le Seigneur ton Dieu. » Michée 6,8

Au seuil de l’année nouvelle et tout à la joie de Noël, je vous adresse, ainsi qu’à ceux qui vous sont proches, mes meilleurs vœux de paix, de santé, de confiance et de courage.

Fraternellement.

                       + Michel Pansard
                       Évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes

La paix de Noël au coeur du monde !

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Assemblée plénière des évêques de France 
Résolutions votées par les évêques de France le 8 novembre 2021

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Hommage à Mgr Herbulot le dimanche 5 décembre 2021 à la cathédrale d'Evry

Mgr Guy Herbulot

Monseigneur Guy Herbulot nous a quittés au cœur de l’été, en plein mois d’août.

Certains d’entre nous n’ont pu être présents à la veillée et à la messe d’Adieu.

Pour tous ceux qui le désirent, nous nous retrouverons pour honorer sa mémoire et prier pour lui le dimanche 5 décembre 2021 en la cathédrale de la résurrection à Évry-Courcouronnes,

  • à partir de 17h30, recueillement individuel avec accès libre à la crypte des évêques.
  • à 18h30 : évocation du ministère épiscopal de Mgr Guy Herbulot en Essonne, par des témoignages, des lectures et des photos
  • 19h : Messe présidée par Mgr Michel Pansard.

Ce temps est ouvert à tous.

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Dans le cadre des visites ad limina, Mgr Pansard s'est rendu à Rome
en compagnie des évêques des provinces de Paris, Lyon et Clermont 
du 21 au 26 septembre 2021.

Visite de Mgr Pansard au Vatican sept 2021

Voir le reportage sur Vatican News

Édito de la Rentrée Pastorale 2021

Un été maussade, mais aussi un été marqué par bien des événements ont attristé nos vies ou rendu le repos moins profitable. Le ciel souvent gris est aussi à l’image des nuages qui marquent  la rentrée scolaire, la rentrée pastorale mais aussi la vie de nos cités et de notre monde.

  • Des décès de proches ont marqué la vie de nombre d’entre nous. Comment ne pas évoquer celui de Mgr Guy Herbulot, évêque de notre diocèse de 1978 à 2000. Deuxième évêque du diocèse, il a marqué profondément l’histoire et la pastorale du diocèse et lui a donné visage. L’assassinat du Père Olivier Maire, le décès du frère Michel Lachenaud, dominicain, emporté par un cancer ; celui de sœur Pierre-Charles et de combien d’autres frères ou sœurs en humanité…
  • Les inquiétudes profondes et légitimes qui demeurent en raison de la pandémie de la COVID 19. Les échanges vifs et les incompréhensions qui agitent des familles, des groupes, notre société. Nous pouvons souhaiter à l’image du psaume qui chante « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent »  que « conviction et raison se rencontrent, liberté personnelle et responsabilité s’embrassent ». Ne fermons pas les yeux sur les agressivités, invectives présentes mais ne les laissons pas l’emporter.
  • La « Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Église » (CIASE) mise en place par les  évêques, va bientôt rendre son rapport, il aidera à comprendre ce qui s’est passé et évaluera les mesures prises… nous aurons à en tirer les conséquences et poursuivre un travail de vigilance et de formation.
  • Inondations ici, sécheresses ailleurs, fonte des glaces, bien des signes des dérèglements climatiques qui mettent à mal notre maison commune et réclament des décisions et conversions à tout niveau. Sans oublier Haïti à nouveau victime d’un tremblement de terre. 
  • Tensions et violences en de nombreuses régions de notre planète, en Afghanistan… qui remettent en cause bien des équilibres que l’on pensait acquis ou maitrisés et révèlent aussi la fragilité des colosses aux pieds d’argile.
  • … et combien d’autres domaines où les mots de crises, d’inquiétudes, de peurs… reviennent régulièrement sur nos lèvres pour en parler.

La réalité est là. Nous avons à apprendre de ces crises et des défis qu’elles représentent. Nous avons aussi à nous aider les uns les autres afin de les traverser à la lumière de l’Évangile qu’est le Christ et ensemble, prendre soin.  Nous ne pouvons pas rêver qu’il suffise d’attendre pour y échapper et que tout revienne comme par miracle « au monde d’avant » comme si celui-ci était d’ailleurs parfait.

Charles Péguy disait : « le facile et la pente est de désespérer et c’est la grande tentation (…) Et pourtant c’est elle cette petite Espérance  qui entraîne tout. Car la foi ne voit que ce qui est. Elle voit ce qui sera. La charité n’aime que ce qui est, elle aime ce qui sera…[1]

Vivre d’Espérance, travailler à l’Espérance est un service de la vie, un service de la joie de l’Évangile.

Des motifs d’Espérance nous en avons :

  • Nos fragilités durant la crise sanitaire ont fait retrouver à beaucoup l’importance vitale des relations, de la qualité et la vérité de nos relations.
  • Des catéchumènes découvrent le Christ Jésus et son Évangile qui les font vivre
  • Des hommes et des femmes qui continuent à croire que « l’amour est digne de foi » et s’engagent dans le sacrement du mariage, d’autres sont ordonnés prêtres.
  • 4 jeunes adultes du diocèse qui partent pour de nombreux mois en coopération
  • Les solidarités simples et ordinaires qui se sont développées.
  • Les petits gestes du quotidien qui signifient que nous mesurons davantage les conséquences de nos actes et que nous prenons notre part aux changements, aux conversions nécessaires.
  • Tous ceux qui devant les difficultés, ne baissent pas les bras.
  • Des jeunes, des hommes et des femmes qui envisagent les choses d’une autre manière, envisagent des solutions alternatives.

Espérer est aussi un combat.

  • Espérer, c’est persévérer et tenir malgré les incertitudes, les découragements et les vents contraires pour, chemin faisant, continuer à faire le choix de la confiance et l’habiter en résistant à la tentation du soupçon, du repli sur nous-même.
  • Espérer, c’est aussi, pour ne pas perdre le cap, « oser chaque jour un pas en avant »
  • Espérer, c’est aussi lutter contre les anesthésies du regard qui étouffent  nos capacités d’agir, de parler, de nous indigner, de résister ou d’innover. 
  • Espérer, c’est garder une capacité d’émerveillement et d’action de grâce. « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » Is 43,19
  • Espérer, c’est aimer pour demeurer dans la joie de l’Évangile. cf. Jn 15

Deux invitations en ce début d’année

  • Ce service de l’Espérance et de la Vie passe aussi par la démarche du synode engagée dans notre diocèse. La situation sanitaire a entravé l’avancement de notre synode. Mais il n’est pas trop tard, nous pouvons plus facilement nous réunir. J’invite tous ceux qui ne l’ont pas encore fait, à prendre leur part à la démarche synodale en participant ou en suscitant une équipe synodale de 4 à 8 personnes qui se réunira durant les mois de septembre et d’octobre pour discerner, consolider, choisir et inventer des chemins, et faire des propositions pour la marche de notre Église diocésaine dans les prochaines années.
  • Ce dimanche 5 septembre après-midi à 15h dans la Cathédrale, j’ordonnerai prêtre pour notre diocèse, Franck Valadier. Unissez-vous à l’action de grâce et la prière de notre église diocésaine pour que Franck soit prêtre à la manière des apôtres, avec et pour ses frères et sœurs dans la foi.

Dieu notre Père qui es la vie sans commencement ni fin, nous te confions cette année pastorale nouvelle ; demeure auprès de nous jusqu’à son terme : qu’elle nous soit, par ta grâce, un temps de bonheur et plus encore, un temps de fidélité́ à l’Évangile par Jésus Christ.

+ Mgr Michel Pansard, évêque d’Evry – Corbeil-Essonnes


[1] Charles Péguy, Le porche de la deuxième vertu, œuvres poétiques complètes, la Pléiade pp.537-538.

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25 septembre - 9h45 à 17h.

"Ils m'ont remis debout !"

Journée de randonnée proposée par les groupes séparés - divorcés.

tract div 25 sept 2021

 

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